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“Un revirement parlementaire fait tomber les accusations de corruption contre une députée de Fès : fin de parcours ou début des interrogations

De. Aydani Mohammed

JOURNALE ASWAT

Sur la base des détails publiés de l’affaire, il ressort que la Chambre criminelle de première instance de la Cour d’appel de Fès a prononcé l’acquittement de Mme. Sara Khaddar, vice-présidente de l’arrondissement de Saïs, de toutes les accusations portées contre elle. Ce jugement met fin à une longue procédure judiciaire qui a suscité l’intérêt de l’opinion publique locale, notamment en raison de la nature des accusations liées à la corruption et à l’abus d’influence en rapport avec la délivrance de “permis de confiance” ou de “permis d’habitation”.

Un élément frappant dans cette affaire est le revirement notable du témoignage du parlementaire destitué, Abdelkader Boussairi, qui avait fait des déclarations devant la Brigade nationale de la police judiciaire contenant des accusations directes contre Mme. Khaddar. Cependant, lors des audiences du procès, M. Boussairi a nié avoir vu Mme. Khaddar recevoir des sommes d’argent en tant que pots-de-vin, justifiant ses déclarations antérieures par les circonstances dans lesquelles elles avaient été faites, tard dans la nuit, sous la fatigue et sans avoir lu le contenu du procès-verbal.

Cette évolution soudaine soulève des questions fondamentales sur le déroulement de l’enquête initiale et la précision des procédures prises par les services de sécurité et judiciaires. Si les services se sont appuyés sur le témoignage de Boussairi comme élément essentiel dans leurs enquêtes, sa rétractation affaiblit considérablement la base sur laquelle l’affaire a été construite. La question qui se pose alors est la suivante : sur quelle base l’accusée a-t-elle été acquittée ? Les autres preuves présentées étaient-elles suffisantes pour la condamner, ou le revirement du témoin principal a-t-il entraîné l’effondrement de l’affaire ?

La question la plus importante demeure : comment les services de l’État peuvent-ils mener des enquêtes approfondies et parvenir à des conclusions solides, pour que l’affaire se termine par l’acquittement du principal accusé ? Où sont les preuves matérielles et les indices sur lesquels les services se sont basés au départ ? Comment ces preuves ont-elles été traitées au cours du procès ? Et une explication convaincante du revirement du témoin principal a-t-elle été fournie ?

Cette affaire soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes de contrôle et de responsabilisation dans le système judiciaire marocain, et appelle à la nécessité de renforcer la transparence des procédures judiciaires afin de garantir une justice pleine et entière et la protection des droits de toutes les parties.

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